ECHANGE AVEC L’UNIVERSITE DE MAGDEBOURG (IV)

        

    

       

Le jour où je suis parti avec un panda

          C’était un jour quelconque où il faisait chaud ou froid, beau ou mauvais, mais soudain il était là. Un panda est assis devant la porte en or de mon hôtel trois étoiles et demi où j’habitais depuis 37 ans seul avec mes poissons rouges, Poisson et Rouge.

          Qu’elle qu’en soit la raison, cette situation a semblé non seulement particulière, mais aussi étrange étant donné que le panda savait parler. Il s’est présenté avec un accent sud-est-ouest. La rencontre m’a étonné bien que, à vrai dire, j’aie des conversations souvent avec les poissons rouges et parfois avec moi-même. Pourquoi ai-je tenté d’ouvrir la porte ? En effet, même le facteur ne ressentait pas ce bonheur et chaque fois que l’huissier demandait sa chance, les poissons que j’avais entraînés à avoir l’air de chiens de combat pouvaient l’effrayer.

          Ainsi, je n’avais aucune compétence sociale, donc je me suis décidé à la salutation chaleureuse en le dévisageant sans mot dire. Le panda a compris ma réponse en entrant dans l’hôtel. Il s’est assis sur le canapé en bois d’abricot. Ensuite, il a pris un livre dans une corbeille de roses que je n’avais pas remarqué jusque-là. 

          Comme j’étais expert de n’importe quoi avec économie et média, bien sûr, je ne connaissais pas du tout le livre « Comment l’humanité détruit l’humanité ». Toutefois, comme expert, je savais comment cacher mon ignorance pendant que le panda me faisait un exposé de quatre heures dont même les témoins de Jéhovah auraient été impressionnés. Après avoir écouté le sujet pendant deux heures, j’ai déjà décidé de faire mon prochain voyage d’affaires en Islande en utilisant une boîte comme bateau à la place d’un avion. Et après encore une heure sur la question « Pourquoi est ma vie quotidienne dommageable à l’environnement ? », j’ai reçu quelques conseils sur l’organisation de mes vêtements dans la chambre et la disposition des légumes dans le réfrigérateur. Quel plaisir de savoir comment je pouvais sauver la planète si facilement !

          Avant que je puisse penser à d’autres idées géniales, j’ai pris conscience de la situation bizarre. Malheureusement, il était trop tard pour apprendre l’opinion de Poisson et Rouge, même s’ils travaillaient comme avocat et président du Parti Animaliste. Mais à ce moment-là, la situation semblait désespérée et je devais continuer la conversation avec le panda. Apparemment, cette créature animale avait l’intention de changer toute ma façon de vivre, dont j’étais si convaincu. J’étais en train de lui demander de quitter la maison pour que je puisse jouir de la solitude pour encore 42 ans, quand il m’a révélé ses capacités artistiques en commençant à chanter et à sauter.

          Avec l’image encore sous mes yeux et avec un panda en peluche froissé dans mes bras, je suis finalement arrivé à éteindre le réveil. Après avoir pris le petit-déjeuner français composé d’un gâteau et du café, Poisson et Rouge m’attendaient déjà. Les deux portaient une valise sur le dos.

          Ce qui me restait encore, c’était de fermer d’abord la porte en or, puis celle en argent et ensuite la dernière en bronze. Enfin, nous sommes partis de l’hôtel ensemble au coucher du soleil.

SELINA MERTGEN

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