FILS PAR INTERIM

FILS PAR INTERIM

Je suis le fils par intérim,

Celui qu’on siffle ou qu’on débine,

L’intermittent, le pis-aller,

Le cygne noir de la portée,

Ouais, la pièce rapportée.

Je suis le fils par intérim,

Celui qui n’est pas d’la famille,

Un accessoire, le fils caché,

La pièce rapportée,

La pièce rapportée.

Pas tout à fait du même sang,

Ce sentiment bien oppressant

Qui m’a rongé bien des années,

Trop tôt jugé et condamné.

Pas tout à fait du même sang,

Ce sentiment bien oppressant

Qui m’a rongé bien des années,

Trop tôt jugé et condamné.

Pas tout à fait le fils indigne,

Mon nom se dit entre les lignes,

Mais qu’a beau faire, obstinément,

Ne s’ra jamais sous testament,

Sous testament. Non-non-non-non !.

Juste un demi, une moitié,

Que par déni n’faut pas nommer,

Celui qui traine sa solitude

Et qu’on étrenne par habitude.

Je suis le fils par intérim,

Pas l’fils maudit, ni le beau-fils,

Celui qu’on n’a pas pu choisir.

C’n’est pas marrant, ça ne m’va pas,

J’ai une maman, et pas d’papa.

Et mêm’ si ça n’vous regarde pas

J’peux pas garder tout ça pour moi.

C’est désarmant, je n’comprends pas, j’peux pas, j’veux pas,

Surtout maintenant que j’suis papa , que j’suis papa !

Alain VARLET    

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